Dans la forêt (création 2020)

DANS LA FORÊT
Un projet de Massimo Furlan et Claire de Ribaupierre
Numero23Prod/Théâtre Vidy Lausanne, Les Bois du Jorat, septembre-novembre 2020

Avec : Martin Reinardt, Savannah Mellioret
Création Son : Aurélien Chouzenoux
Technique :Farid Deghou Boussad, Ludovic Guglielmazzi
Administration, production : Sarah Gumy (Théâtre de Vidy), Claudine Geneletti
Diffusion : Jérôme Pique
Transports : Bus Voyages Stevic
Production : Numero23Prod/Théâtre de Vidy

Dans la forêt est un projet qui fait partie de la série Travelling, projets in situ, dans lesquels nous emmenons un petit groupe de spectateurs hors des théâtres, pour aller à la rencontre d’un lieu, d’un paysage.
Le projet a pour scène et cadre une forêt, la nuit. La forêt constitue un espace encore sauvage. Quand on reste à la lisière, quand on la regarde de loin, elle est abstraite, liée à nos imaginaires, aux contes de fées. Elle est le lieu des peurs, associées à celles de la nuit. Mais lorsqu’on s’approche et qu’on pénètre la forêt, qu’on la traverse, qu’on l’écoute, et qu’on l’habite l’espace de quelques heures, elle nous englobe, nous accueille. Elle est habitée, traversée par une multitude de présences: insectes, papillons, libellules, oiseaux, rapaces, poissons, chevreuils, renards, sangliers, loups, arbres...
Dans ce projet, les spectateurs sont les acteurs principaux. Ils perçoivent le paysage de façon individuelle, à une certaine distance les uns des autres, à la queue leu leu, en silence. Ce sont eux qui sont en mouvement et qui sont vus par ceux qui les entourent et les perçoivent (les animaux, les arbres, les étoiles, la lune, le vent): ils avancent et sont à l’écoute, ils laissent travailler leur imaginaire, ils s’engagent physiquement dans la marche.
Le projet se déroulera pendant deux mois, trois soirs par semaine, afin de profiter des changements de temps, de température, d’humidité, de l’évolution des feuillages, de la présence des animaux et de l’occupation des bois, des étoiles, de la position de la lune.
Dans la forêt est le premier opus d’une trilogie sur la façon dont nous habitons et travaillons la terre.
Ce projet est composé de trois gestes extrêmement simples, à la portée de tous, qui sont au coeur de l’expérience du spectateur:
Marcher / regarder / écouter
Marcher
« Marcher est un état où l’esprit, le corps et le monde se répondent, un peu comme trois personnages qui se mettraient à converser ensemble », écrit la philosophe Rebecca Solnit dans L’Art de marcher. Le rythme de la marche donne un rythme à la pensée: la traversée d’un paysage crée des enchainements d’idées. On pense différemment dans le mouvement, à l’extérieur, qu’à une table de travail, que dans un espace clos.
Marcher c’est vivre une expérience dans son corps: pour le spectateur, il s’agit de sentir le chemin avec ses pieds, d’éviter les pierres, les trous, la boue, de frôler les herbes et les
branches, de respirer et sentir les odeurs de la terre, des feuilles, des champignons. La marche permet au corps d’appréhender le monde qui l’entoure, de découvrir un paysage qui n’appartient à personne en particulier, si ce n’est à ceux qui le traversent ou qui l’occupent, provisoirement.
Marcher c’est créer un rythme. Il ne s’agit pas ici de faire du sport, mais il ne s’agit pas non plus de faire une promenade. La marche est suffisamment longue pour que le corps soit fatigué, qu’il soit engagé dans un certain rythme.
La nuit
Ce projet se passe de nuit. Il propose au spectateur une autre façon de découvrir un lieu, un paysage. Non par la lumière, par la vue, mais dans l’obscurité. Sans lampes de poche, sans éclairage artificiel. Avant tout pour saisir comment mobiliser d’autres sens que la vue pour appréhender un espace: l’ouïe, mais également l’odorat, le toucher et par là être attentif au temps qui passe différemment, au rythme de la marche.
La perte de l’acuité visuelle dans l’obscurité augmente le sentiment de vulnérabilité. Lorsque l’on ne perçoit plus son environnement, la réalité fait place à l’imaginaire. Et toutes sortes d’images reviennent, de l’enfance notamment, liées à certaines peurs par exemple, la peur des animaux sauvages, la peur du loup, la peur d’une attaque, la peur de la rencontre ou la peur de la disparition. Cette crainte est toujours présente, mais elle s’apprivoise, lorsque le corps saisit que le monde qui l’entoure n’est pas hostile. Et alors cela devient un vrai plaisir que d’être baigné dans l’obscurité et de faire confiance à son corps qui trouve le chemin, qui fraie, qui ressent, qui s’avère beaucoup plus habile qu’attendu. Et l’oeil qui s’habitue au noir et qui découvre les contrastes, perçoit ce qui lui est nécessaire pour avancer et se repérer.

Ce projet travaille à contrer nos habitudes, à proposer d’autres façons d’appréhender le monde et le paysage. Un détournement mineur mais qui développe modestement d’autres compétences, d’autres savoirs.
Il modifie notre perception du temps, de la durée, il rend attentif aux sons légers, infimes, aux frôlements, aux mouvements que les corps font dans la nuit, puis ceux plus légers des animaux, des insectes, les bruits de la respiration, les battements du coeur. C’est pourquoi il est important de faire le projet dans le silence.
Ecouter
Le silence permet d’ouvrir l’attention du spectateur. Il est une manière de se mettre en synchronicité, avec les autres marcheurs et avec le monde qui nous entoure.
Mais en marchant dans la nuit, en petit groupe, chacun fait beaucoup de bruit, avec ses pas, avec le mouvement des bras et des frottements des tissus, avec les souffles, etc. Ce bruit envahit la forêt, il est comme un roulement, sourd. Alors nous pratiquerons des arrêts, prolongés, pour écouter vraiment le silence de la nuit, et être attentifs au contraste
entre un corps qui marche et un corps qui est immobile. Les bruits du mouvement recouvrent les autres bruits de l’environnement. Lorsque l’on se met à l’arrêt, alors tous les autres sons peuvent émerger: les craquements dans les branches, le mouvement du vent, le passage d’un animal, le cri d’un oiseau. Dans le silence, l’ouïe s’affine.
Il y a une autre expérience proposée au spectateur, celle de l’écoute, du récit: le guide, celui qui mène le groupe, à un moment donné du parcours, réunira les spectateurs autour de lui afin de leur transmettre des histoires: celles de la forêt, celles liées à la marche, et celles de nos peurs et nos imaginaires liés à la nuit. Une parole directe, qui tisse de la mémoire collective et de la mémoire individuelle. Comment faire groupe, comment revenir au geste simple du conteur.



Hors les murs/Arrêt de métro M2 Vennes (navette pour la forêt)
Avertissements: Marche nocturne de 7 km, avec un guide, réservée aux personnes en bonne condition physique. Chaussures de marche et tenue en fonction de la météo. Le spectacle-randonnée aura lieu par tous les temps. Toutefois, le Théâtre préviendra chaque participant·e en cas d’annulation.

Toutes les dates : Réservation > Théâtre de Vidy +41 (0)21 619 45 48

mar 15.09 - 20h15
mer 16.09 - 20h15
jeu 17.09 - 20h15
jeu 24.09 - 20h00
ven 25.09 - 20h00
sam 26.09 - 20h00
mar 29.09 - 19h45
mer 30.09 - 19h45
jeu 01.10 - 19h45
mar 06.10 - 19h30
mer 07.10 - 19h30
jeu 08.10 - 19h30
mar 13.10 - 19h15
mer 14.10 - 19h15
jeu 15.10 - 19h15
mar 20.10 - 19h00
mer 21.10 - 19h00
jeu 22.10 - 19h00
mar 27.10 - 19h00
mer 28.10 - 19h00
jeu 29.10 - 19h00
mar 03.11 - 19h00
mer 04.11 - 19h00
jeu 05.11 -19h00

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