Dans Les Eaux Profondes - Deep water

Dans les eaux profondes - Deeper water
Un projet de Massimo Furlan et Claire de Ribaupierre
22 juillet 2017

Festival ARTel de Sviyask - Russie
Collaboration avec l'Antenne Moscou de Pro-Helvetia - Russie

Avec 4 acteurs professionnels : Pacha, Dacha, Nastia et Sonia
15 enfants, écoliers.

Historique du projet
Après une semaine de repérage entre Kazan et l’île de Sviyask afin de visiter les lieux, les musées, s’informer de l’histoire de l’île, rencontrer les différents partenaires, Massimo Furlan et Claire de Ribaupierre ont décidé de travailler dans l’école de l’île, magnifique bâtiment qui surplombe le port. Ils ont présenté le projet à la directrice et aux maîtresses de l’établissement, ainsi qu’à tous les élèves. Une quinzaine d’élèves, garçons et filles, entre 10 et 15 ans ont accepté de faire partie du projet. A Kazan, ils ont fait passer un casting à une vingtaine d’acteurs au théâtre Hugo, pour sélectionner 4 acteurs convenant au projet.
Ils leur ont alors demandé d’écrire un texte de souvenir autour de l’adolescence et de l’école, une histoire liée à la transgression des limites, puisque le thème du Festival était la question des limites. Cette histoire mettait en jeu également la question du genre et de l’identité masculin/féminin. Ils ont demandé aux acteurs, 3 filles et 1 garçon, d’écrire le souvenir de quelqu’un de très proche – frère, sœur ou ami – et de se mettre dans la peau de celui-ci. Ainsi Nastia, Sasha et Aigul racontaient une histoire arrivée à un garçon mais avec les marques du «je» féminin, et Pasha, lui, racontait l’histoire d’une fille avec la marque d’un «je» masculin. Les histoires ainsi obtenues, très simples et intimes, avaient un caractère légèrement étrange et décalé, mais de façon imperceptible.
Lors de notre arrivée en juillet, nous avions à disposition 6 jours de travail pour monter la performance. Nous avons choisi 4 salles de classes, de petites dimensions, permettant d’accueillir une quinzaine de spectateurs autour des tables et/ou sur des chaises ou complètement vidées et nous leur avons attribué des couleurs. Les fenêtres de chaque salle étaient recouvertes d’un filtre : il y avait une chambre rouge, une bleue, une orange et une verte. Les acteurs et les enfants portaient tous le même costume, un sweet à capuche noir et des pantalons jogging.
Lorsque les spectateurs arrivaient à la billetterie, ils recevaient un billet avec l’indication des 5 salles dans lesquelles ils devaient passer selon un ordre déterminé (notre jauge était de 4 x 14 spectateurs, soit 56 spectateurs par représentation). Il y avait la salle de mathématique, la salle de russe, la salle d’anglais et la salle de géographie. Tous les spectateurs, après avoir passé par les 4 monologues des acteurs, se retrouvaient dans la salle de gymnastique. Entre chaque monologue, dont la durée était établie à 10 minutes, la sonnerie de l’école retentissait, et les spectateurs avaient deux minutes pour changer de salle. En traversant les couloirs de l’établissement, ils croisaient les regards des enfants qui les observaient de façon insistante, les prenaient par la main ou les poussaient dans le dos. Les couloirs étaient remplis de fumée, ce qui donnait un caractère étrange et irréel à l’espace.

Dans la dernière salle tous les spectateurs se retrouvaient, guidés ou poussés par les enfants, sur un morceau du groupe anglais Killing Joke. La limite ente les spectateurs et les enfants était bouleversée, les enfants venant tout près, fixant intensément les spectateurs, les mettant mal à l’aise, les poussant. Les 4 acteurs arrivaient ensuite dans l’espace et les enfants s’en prenaient à eux. Ils leur sautaient dessus, les agressaient, pour finir par les mettre au sol, les uns sur les autres et quittaient alors l’espace.

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