Tunnel

Un projet de Massimo Furlan, Numero23Prod.
Performance créée le 4 mars 2015, Tunnel du Grand St-Bernard (CH-I).

Créée dans le cadre du projet Trans, Viavai, un programme d'échanges culturels entre la Suisse et l'Italie initié par Pro-Helvetia, Fondation Suisse pour la Culture.

Création du film : le 4 mars 2015 à 2h du matin au Tunnel du Grand St-Bernard
Film présenté au Uovo Performing Art Festival (Milan, I) du 25 au 29 mars 2015.


La performance de Massimo Furlan «Tunnel» a été sélectionnée dans le cadre du projet TRANS par le Uovo performing arts festival (Milan-I), un network sur les arts performatifs entre la Suisse et l’Italie en collaboration avec Performa festival. TRANS fait partie de VIAVAI, un programme d’échanges culturels binational initié par Pro-Helvetia. Aussi, l’artiste s'est-il s’engagé physiquement dans la question du passage entre ces deux pays, en traversant en courant les 6km du tunnel du Grand St-Bernard qui relie la Suisse et l’Italie dans la nuit du 3 au 4 mars 2015 (à 2h du matin) : passer la frontière au centre de la montagne, éprouver physiquement la ligne de séparation. Se retrouver seul, en pleine nuit, dans cette structure monumentale, et vivre simplement le franchissement en prenant la mesure de ce point immatériel, suivre la ligne qui n’est pas toujours droite, et qui dessine un sillage dans le paysage. Expérimenter la durée, le temps réel de la traversée, à l‘échelle du corps et non de la machine. Cette action à été présentée sous la forme d’un film vidéo, projeté dans le cadre du festival Uovo performing arts de Milan (I) du 25 au 29 mars 2015.
«Tunnel» a pu voir le jour grâce à une collaboration avec les Sociétés de Gestion du Tunnel du Grand St-Bernard.

«Je me souviens, enfant, que nous faisions le trajet en voiture avec mes parents pour retourner près de Trieste trouver mes grands-parents, oncles, tantes et cousins. Dans mon souvenir, le moment de franchissement du tunnel, au milieu de ce voyage qui durait presque une journée, était vécu comme un intense moment d’excitation. Il représentait, à la fois symboliquement et de façon concrète, le changement de pays. On avait conscience qu’une ligne était franchie, qu’il y avait un côté, puis l’autre. Et cela semblait se lire dans le paysage, ou dans le ciel. Le tunnel a été inauguré il y a 50 ans, une année avant ma naissance. Pour moi donc, il a toujours été là, il fait partie de mon monde, il m’est totalement familier.»

«J’aimerais proposer, comme matériau de base du projet Via vai, la traversée des 6 km du tunnel en courant, afin de vivre l’expérience du passage d’une manière solitaire et physique. C’est un lieu qu’on franchit en voiture, rapidement: c’est sur son expérience contraire que je voudrais me pencher. Me retrouver seul, dans cette structure, et vivre simplement ce franchissement. Cette action donnera lieu à un travail vidéo. Ce projet autour de la question du passage et de l’enfance fait écho à la performance et installation International Airport (2004), lorsque j’ai couru sur les 4 km de la piste de décollage de l’aéroport de Cointrin à Genève. Ils représentent tous deux un projet a priori impossible à réaliser. Tous deux nécessitent une série de négociations, de rencontres avec les responsables, afin de les convaincre de participer, par leur accord, à un projet poétique.
J’aimerais m’arrêter dans le tunnel à l’endroit exact de la frontière, ce qui est impossible pour les passagers automobiles: prendre la mesure de ce point, suivre cette ligne qui n’est pas toujours droite, mais qui dessine un sillage dans la montagne, le paysage, et qui transporte de l’autre côté. J’aimerais également rendre la mesure de la durée, du temps réel de la traversée, à l‘échelle de la course, du corps, et non de la machine.»

Massimo Furlan, décembre 2014.

Déroulement:
La performance représente un acte symbolique très fort, basée sur l’expérience poétique du franchissement de la frontière entre deux pays, entre deux cultures, entre deux histoires. Il s’agit pour l’artiste de rejouer à sa mesure, et dans son corps, le trajet qui a été creusé par les ouvriers dans les années 60, et qui n’est plus qu’un axe utilitaire traversé rapidement, de façon extrêmement pratique, par des milliers d’automobilistes. Le sens de l’action est percutant, mais sa réalisation et le résultat de la performance sont très simples, sans théâtralité.
L’artiste est donc suivi par une équipe vidéo, qui, à bord d’une voiture, va le filmer d’un bout à l’autre du tunnel. Il est habillé en civil – avec des habits du quotidien – et il court sur la voie, comme il courait sur la piste de l’aéroport international de Genève, dans la performance intitulée International airport en 2004.
Le résultat de la performance sera une vidéo qui durera le temps de la course.

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