L’Euro(di)vision de Furlan

Lionel Chiuch, Tribune de Genève, 12 juillet 2010

1973. Pierre Tchernia commente – avec un humour tout ce qu’il y a de plus involontaire – l’Eurovision. Pattes d’eph’, cols à tarte et permanentes défilent sous différents drapeaux. Les paroles sont souvent niaises, les mélodies indigentes.
Performeur et chorégraphe, Massimo Furlan s’esr immiscé dans la grande parade kitsch. A lui seul, il représente la Finlande, l’Espagne, la Belgique ou encore la Suisse. Comme Patrick Juvet alors, il chante Je vais me marier Marie. Malgré les postiches et les costumes, il n’imite pas, il reproduit un style, une manière d’être, une époque.
D’ailleurs, très vite, la cérémonie tourne au débat philosophique, sous l’égide d’un Cliff Richard aristotélicien qui questionne la « variété ». Est-elle si variée, cette variété ? Et quid de l’Européen et de son identité ? Du léger au profond, il n’y a qu’un pas, franchi à grand renfort de semelles compensées.
Une fois encore, l’artiste suisse pioche dans ses souvenirs pour bâtir son spectacle. Il y mêle avec beaucoup d’ingéniosité l’humour, la réflexion et les émotions. On navigue ainsi entre rires et nostalgie.
La mémoire revient et avec elle une certaine innocence en noir et blanc. Massimo Furlan nous aide à franchir l’écran car il sait que le plaisir réside dans cet improbable va-et-vient. 1973 sera programmé au Festival de la Bâtie en septembre prochain. Un conseil : pensez à réserver votre place.

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