Un œil sur… Massimo Furlan, performeur

Les Inrockuptibles, supplément, juillet 2010

Twelve points

Il faudra s’y habituer : Massimo Furlan est sérieusement loufoque. Né en 1965 à Lausanne, d’origine italienne, il suit l’Ecole des Beaux-arts locale et entame par la suite un cycle de travaux axés sur la thématique de la mémoire et de l’oubli. Plus profonde qu’il n’y paraît, son approche parle à chacun car elle raconte ces instants précieux où une vie bascule. En 2003, Furlan fonde la société Numero23Prod et scille depuis entre performance et installation. Souvent seul. Ou pas. La preuve dans ce 1973 où Massimo Furlan s’est entouré de Marc Augé, Anne Delahaye, Bastien Gallet, Thomas Hempler, Serge Margel et Stéphane Vecchione. Patrick Juvet, chanteur à minettes, est excusé ; c’est pourtant lui qui représentait la Suisse cette année-là. « Cette prestation me stupéfia. Un jeune homme souriant, blond, grand, aux cheveux longs. Il chantait et semblait tellement à l’aise et heureux. Pourtant il était suisse », lâche Massimo Furlan. Il y a, comme résumé dans une phrase, ce « pourtant il était suisse », tout l’art de Furlan, qui ne se moque pas mais préfère s’interroger sur les ressorts de cette mémoire partagée. Ainsi, cette création est l’occasion de revenir sur l’édition « septante trois » du concours de l’Eurovision.
Quoi, un spectacle sur ce sommet de ringardise télévisuelle ? Quand il s’agit de mettre en scène le passé, Furlan a de la suite dans les idées. Dans un précédent spectacle, Numéro 10, donné sur la pelouse du Parc des Princes à Paris, Furlan rejouait à lui tout seul la demi-finale France-Allemagne du Mondial de foot de 1982 ; dans (love story) Superman, il s’inspirait du superhéro du même nom. 1973 le verra faire à peu près tout, chanter ou se travestir, pour rendre hommage à chacun des participatns de ce concours mémorable. Il a sera Pino Tozzi, un double. En 1973, Juvet ne gagna pas. Quant à Massimo Furlan, depuis, il a grandi. Il est artiste.

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