Inutile, drôle… et magnifique

Telerama.fr, Fabienne Pascaud, 21.07.2008

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Cette présence-là, Massimo Furlan la quête à travers de fausses interviews et prétendus débats réunissant de vrais intellectuels et artistes autour d’une thématique ouvertement ambitieuse et proche de la programmation du festival.

Ainsi, ce matin, à 11h, dans le Jardin de la Vierge du Lycée Saint-Joseph, c’était Serge Margel (hier Bernard Stiegler) et le chanteur Hervé Vilard (toujours juste et maniant avec finesse humour et autodérision) qui parlaient de filiation aux côtés d’un faux Romeo Castellucci (Massimo Furlan en personne) enfiévré, d’un Christ muet, d’une madone en extase et d’une journaliste un poil trop fan de Claude Régy. Désopilante, évidemment, cette conversation rondement menée, et qui nous faisait saisir avec une insolence radicale nos préjugés artistiquement et intellectuellement corrects. Une saine désintoxication de nos bêtises satisfaites et de nos ridicules « mondains ». Massimo Furlan nous met face à nos trop faciles certitudes, ré-introduit le doute sur le vrai et le faux, l’intelligent et l’idiot. Et ce décapage au karsher de l’humour devient une bouffée d’oxygène en nos temps trop largement consensuels et acquiescants. Au moins le Festival d’Avignon ne l’est pas, lui, cet été, consensuel et acquiescant.

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