Massimo Furlan

Catherine Othenin-Girard, catalogue BCV-ART

A l’instar de toute une génération d’artistes qui émergent au début des années 90, Massimo Furlan s’est nourri des expérimentations radicales des années 60-70 qui interrogeaient les fondements mêmes de la représentation, tout en affichant sa capacité à se saisir à nouveau de l’image, sans complexe et sans détour par rapport à la modernité. Au fil des ans, il a développé une manière unique et personnelle, d’évoquer la perte et la reconstruction de la mémoire.
Son travail met en scène les multiples transformations que nous faisons subir, consciemment et inconsciemment, aux images, sans en garder la trace. Il joue avec cette notion de « perte de contrôle » créant comme un réseau de liens formels et sémantiques, entre les différents référents visuels qui nous submergent quotidiennement et dont il s’inspire. Que ce soit dans ses dessins très spontanés ou dans ses peintures plus construites, il développe un style qui entremêle le réalisme du quotidien, l’imaginaire du rêve, comme les reliques du passé. Parfois, des fragments de textes soulignent, par leur typographie, le propos plastique. Cette dimension narrative livre quelques indices, mais à aucun moment, elle ne fixe une modalité de lecture définitive de l’œuvre. Le texte affleure la surface plane de la toile, comme le trait de crayon la feuille de papier. Et dès lors, l’interprétation reste ouverte.

Les autres articles de presse: